Martin Usborne

1973 , Grande-Bretagne
The Silence of Dogs in Cars, 2013
Where Hunting Dogs Rest, 2015
Dans une mise en scène dépouillée, où la richesse des jaunes, des bruns et des couleurs brûlées se mêlent à des lumières dramatiques, dans un style où l’influence de Velázquez se ressent, Martin Usborne prend des clichés de chiens de chasse retrouvés dans des lieux isolés et recueillis par la Fondation Benjamin Mehnert et le centre Carlota Galgo. Si l’on perçoit des traces des stigmates passés, grâce au travail et l’amour prodigués par les membres de ces associations, ces Podencos et Galgos espagnols ont retrouvé de leur élégance, majesté et caractère noble. C’est ce que révèlent les photographies d’Usborne. Face aux portraits de ces chiens, parfois proposés sous la forme de diptyques, il propose des vues de la province de Séville en Andalousie. Les paysages révèlent les endroits où les chiens ont trouvé refuge – abords de la ville, bords de rivières, vastes ravins, au pied d’arbres ramifiés - des lieux qui sous une certaine lumière du jour revêtent une esthétique étrange, parfois délicate, esthétique altérée cependant par l’histoire des Galgos

L’artiste s’interroge sur la condition et la décadence de ces beautés animales. Comment ce symbole de l’aristocratie peint par Goya, Velázquez, immortalisé dans la littérature de Juan Ruiz et Cervantès pour ne citer qu’eux, comment ce valeureux compagnon de la noblesse est-il devenu si peu estimé? Un document de 1081 fait état d’une somme de 100 pièces d’argent, somme considérable au Moyen-Age, pour l’achat d’un Galgo noir. Si au 12ème siècle une personne était reconnue coupable de meurtre envers un Galgo, crime traité au même rang que l’assassinat d’un être humain, de nos jours certains chiens sont confinés dans des abris à l’extérieur de la maison. Puissants, admirés mais devenus avant tout un outil de chasse, les lévriers espagnols ont perdu cette relation privilégiée avec l’homme, relation si chère à Usborne.