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Le temps Suspendu

du mardi 10 novembre 2015 au dimanche 17 janvier 2016
Dans le cadre de la première Biennale des photographes du monde contemporain arabe, Maher Attar présente Le temps Suspendu.

« Le Qatar a été un de mes lieux de résidence. C’est un pays en effervescence, en marche vers son futur à grande vitesse. Doha en est son pouls. Le présent est déjà dans l’avenir. Le passé est en survie. Mon travail sur Le Temps Suspendu interroge justement ces traces perdues et imagine des lieux de mémoire. Car mon idée est de raconter une mémoire vouée à disparaître ou qui n’a pas forcément existé. La mémoire d’un pays aux traditions puissantes mais qui a du mal à préserver son passé, et préfère reconstruire un passé avec du neuf. Je suis donc parti à la recherche de ce temps perdu avec ce sentiment de vide et d’abandon. Faire appel au souvenir, à l’imaginaire par les accents romantiques du paysage. (...)
Et c’est le choix technique d’utiliser un appareil de lomographie qui a déterminé une grande part de l’esthétique du projet. Le mouvement « Lomography » est un concept qui fabrique des appareils neufs issus d’anciens modèles bon marché trouvés dans l’ex-bloc soviétique, fonctionnant avec des films argentiques. Je vais ici à l’encontre de la supra-perfection du numérique. Les images sont brutes, mal calibrées, floues, avec un cercle noir dans les coins et donnent du grain.
L’appareil propose très peu de possibilités de réglage, mais laisse cependant de larges marges de manoeuvre, quant au temps d’exposition, à l’avancement du film manuel, ce qui permet d’explorer des domaines inatteignables avec un appareil de base actuel… J’utilise des films périmés pour que la chimie soit elle aussi altérée. Chaque développement réserve sa surprise. La perfection laisse place à la réalité, à l’erreur. L’émotion prend le pas sur le monde ordonné. L’image devient archéologique, une approche rappelant celle des premières photographies ou celle de la peinture. »