Anne Pharel

  • Œuvres

    Collection


    Sub Noctem

    Saisir la beauté involontaire du jour qui s'efface, celle qui échappe au désir de la création.
    Surprendre l'heure où les mystères de la nuit s'élèvent.
    Apprivoiser les ombres, leur donner corps tandis que les arbres se rapprochent, conversant dans l'obscurité retrouvée.
    Célébrer les dernières lueurs du jour et se rendre à l'évidence du court moment de l'incertain.
    Voici les quelques instants qui abritent la montée du monde invisible, lorsque les couleurs, intactes et glorieuses, sont rendues à elles-mêmes, avant que tout ne devienne introuvable.
    Le moment parfait où les arbres, se dissolvant dans leur environnement, transitoires, engloutis, offrent la trace de leur disparition.
    Quand sont racontées la terre et ses œuvres, celles du temps qui passe, avec l'évanouissement du réel qui s'est laissé absorber par un monde devenu rêve.


    Jardins Intérieurs

    Faire remonter ce qui a sombré, faire revenir ce qui a disparu. Illusions. De l'effondrement d'un monde, il ne reste que la trace intangible de ce qui est perdu: visions fugitives où, si la rouille est figure d'effritement, l'or transcende l'absence. Vestiges, colonnes oubliées, jardins disparus... voici le moment d'une archéologie interne; celui de la mémoire qui a des trous et qui se lézarde quand des images incertaines laissent transparaître l'œuvre du temps. Ce sont des images de la durée, car ne témoignant pas d'un "ça a été" mais d'un "c'est", car donnant au passé une texture pour le laisser s'insinuer, se développer, envahir le présent.

    Arrivées par intermittence à la surface du monde, ces visions dérobent la réalité en s'évaporant puis érigent un univers peuplé de ces êtres qui ont la consistance du rêve : ceux qui à notre insu ont laissé des traces et ceux qui nous fondent. Nos transparents. Ils se présentent à cet instant précis, décisif, mais hors de soi. Mémoire sans souvenirs, amnésique, qui va vers ce qui est reconnu mais qui n'est pas identifiable. Mémoire qui ouvre à la présence familière et universelle de ces évanouis qui demeurent, à l'instant où intérieur et extérieur se confondant, rendent l'image poreuse.

    Voici quelques fragments d'alchimie où rouille et feuilles mortes se subliment en or: "The changing of bodies into light, and light into bodies, is very conformable to the course of Nature, which seems delighted with transmutations"*


    Orpaillage

    En tamisant les flots, la nuit, des gerbes d'or ont éclaboussé l'obscur, pailleté le noir. Présences erratiques, flottantes, fluctuantes.
    Me voici à la recherche de ces images qui vivent de leurs ombres, de leurs insuffisances, de ce qu'elles refusent de dévoiler pour mieux rejoindre l'énigme de l'entre-deux: interstice lumineux entre deux remous; là où l'invisible s'abrite pour projeter le visible, là ou le visible se dissimule dans le temps fragmenté.

     
    Montrer le monde tel que je crois qu'il est, non pas tel qu'il m'apparaît ou qu'il apparaît, mais plutôt tel qu'il disparaît, quand ce qu'il en reste s'accorde mieux à son essence mouvementée, éternellement elliptique.


    Insaisissable et dérivées

    Il y avait ces deux arbres au-dessus de l'étendue d'eau.
    Le jour déclinant a donné naissance au spectacle étrange de leur disparition, lorsque le visible s'enfonce et se perd dans le néant, lorsqu'il devient invisible et indivisible. "Quotient ultime de deux accroissements évanescents": la fluxion de Newton.

     Si parfois, le passage d'un lieu à un autre est un glissement, un entre-deux sans transition perceptible, il arrive aussi que filtrent des instants, où la vision de l'Insaisissable s'impose et fait partir à la dérive. A la dérive des impressions, à la dérive de l'incertain, à la dérive de l'ineffable.
    Commence alors ce lent moment imprécis qui fait se confondre l'espace et le temps
    .  


    Ligne lumineuse


    Monde d'un orpailleur


    Aperçu de l'exposition L'Intangible

  • Biographie

    Biographie

    France , 1967

    Anne Pharel est née en 1967. Son studio est installé en plein coeur de la Provence.

    Parallèlement à une pratique personnelle du dessin, de la sculpture, de l'écriture et de la photographie, Anne Pharel a participé à la conception et à la réalisation de nombreuses expositions.

    Parmi elles, Willy Ronis en 1997 à l'Isle sur Sorgue puis en 2001 au château de Gordes et J.H Lartigue en 1999 à l'Isle sur Sorgue. Elle a également assuré le commissariat de l'exposition de photographies Traversées d'André Pharel au centre d'art Campredon de l'Isle sur Sorgue. Créant à cette occasion des sculptures mettant en scène ses écrits, elle s'est chargée de la scénographie ainsi que de la réalisation du catalogue d'exposition. Ecrivant pour des sites d'artistes et divers catalogues d'art, elle a aussi participé étroitement à la création de livres photographiques, par ses textes et par l'élaboration de leur mise en page.

    Pendant toutes ces années, la pratique silencieuse de la photographie lui a permis de constituer une oeuvre personnelle qu'elle n'a commencé à montrer qu'en 2014.

    Au cœur de la démarche photographique d’Anne Pharel, la question du temps qui passe. A travers les objets qu’elle crée via différents supports - papier argentique, boites lumineuses, cadres métalliques ou plexiglass, elle nous invite dans sa perception du temps, où les instants s’échappent et s’étirent à la fois. Elle cherche à les capturer pour les rendre visibles au moment même où ils disparaissent, où ils sont passé et futur confondus. Elle est au cœur de la nature lors de ses déambulations nocturnes pour photographier les arbres, les feuillages, les ruisseaux et les troncs qui ponctuent ces minutes suspendues.

    Anne Pharel cherche à faire circuler l’invisible et à sublimer la disparition, à donner à voir la face cachée des éléments, celle qui échappe à toute perception.


    Août 2017
    La forêt des Livres, Chanceaux-près-Loches

    Mai 2017
    Villa Datris, l’Isle-sur-la-Sorgue

    Novembre 2016 – février 2017
    L’intangible, Photo12 Galerie Paris

    Juin - octobre 2016
    Fondation Pierre Salinger. Exposition collective « Totems »

    Mai 2016
    Achat par la Fondation Pierre Salinger d'une sculpture photographique.

    Décembre 2015 - janvier 2016
    Galerie DNR  l'Isle-sur-la-Sorgue.

    Novembre 2015
    Fotofever, Paris

      Avril – Mai 2015
    Château de Gordes. « Regards sur un monde buissonnier ».

    Septembre 2014
    Galerie  Depardieu, Nice. Exposition personnelle de cette même série.

    Juin 2014
    Atelier du Pieï à Lagnes. Exposition personnelle "Sub Noctem"

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Bibliographie

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