Dolorès Marat

  • Œuvres

    Orient, 1989-1990

    La photographie de Dolorès Marat raconte la nuit dans ce qu’elle a de plus mystérieux. Bien que la plupart des photographies retenues pour cette exposition aient été prises en plein jour, les ciels sombres, le velouté des images et la tonalité, tout évoque ces heures incertaines où la nuit se dispute au jour et la réalité s’estompe. C’est une photographie de rencontres, d’instants magiques, de moments arrêtés dans le temps. Jamais elle ne recadre ni ne retouche.

    Pour ses tirages, elle a longtemps travaillé avec l’atelier Fresson dont la technique si particulière se mariait admirablement avec ses couleurs. Les tirages de l’exposition ont été réalisés sur un papier Japon que Dolorès Marat a découvert récemment et dont le grain s’allie avec celui de l’image.

  • Biographie

    Biographie

    France ,

    "On dira d’elle partout qu’elle utilise uniquement le procédé de tirage Fresson (comme Bernard Plossu). Que ça explique la dinguerie des couleurs. Elle raconte qu’elle rôde, l’appareil sous le manteau, à l’affût de l’instant qui va l’émouvoir. De celui qu’elle attend depuis toujours. Elle dit aussi qu’elle n’a pas fait d’école autre que celle de l’apprentissage, dès 15 ans, du procédé photographique dans un studio à Sucy-en-Brie. C’est-à-dire qu’elle a commencé par y faire le ménage. Parce que c’était ça ou l’industrie textile. Elle sera ensuite laborantine pour la presse. Ce n’est qu’à partir de 1981 que Dolorès Marat, née en 1944, produira ses ‘‘photographies personnelles’’. Toutes ces données constituent une sorte de mythe et la tentation est grande de penser qu’on pourrait formuler à partir d’elles la recette des photos Dolorès Marat, leur secret. Car l’univers de la photographe est intense. On entre en effet dans ses clichés comme dans des tableaux, des instants tellement réels qu’ils confinent au magique. Un ensemble poudré, un brin nostalgique, toujours vrai, là, épidermique.

    La photographie de Dolorès Marat se passe la nuit. La question ici n’est pas tant celle de la prise de vue. ‘‘Le dromadaire du théâtre de Palmyre’’, par exemple, a été prise en pleine journée et semble sortie d’un rêve: le ciel (d’une couleur indéfinissable) gronde tandis que l’animal paît sur une dalle qui semble ne proposer aucune herbe, rien de comestible. En arrière plan, le théâtre, d’un calcaire aux tons roses. C’est d’ailleurs lui le sujet; ses arrêtes débordent de la photographie et, passant sous le dromadaire, il dévore le premier plan au point que l’on se demande s’il n’arrive pas jusqu’à nous. Les tons Fresson, l’angle de la prise de vue: impossible de ne pas avoir la sensation de fausseté que procure le décor en carton-pâte. La façade tranche avec le ciel comme s’il s’agissait d’un collage (elle aurait donc l’épaisseur du papier photo) tandis que l’ouverture principale suggère un dédale infini à l’intérieur du bâtiment. L’ensemble nous emmène rien moins qu’en science fiction. La nuit donc, plus que le réel, la nuit et sa valeur d’onirisme, de marge. Les photographies se passent la nuit parce qu’elles ne prétendent pas tant rendre compte du tangible que du ressenti. L’image est le fragment d’un monde tout en étant sa seule forme possible. Ce qui se joue est de l’ordre du cinématographique. On pense au chuintement de la pellicule qui est la trace sur laquelle se construit le film. Quelque chose se trame. C’est qu’il y a double itinérance: celle de l’oeil qui capte et celle du sujet. Et la photographie, point de jonction de ces itinérances, n’est pas figée. Elle est la saisie d’un moment passé mais, parce qu’elle comporte tout ce qui a mené la photographe à l’endroit de la prise, elle n’a rien d’arrêté.

    La rencontre, l’importance du moment très bref de la capture de l’image, expliquent en partie pourquoi Dolorès Marat ne retouche ni ne recadre jamais ses images. Le geste importe plus que le résultat. Il s’agit de rendre compte d’une émotion sans filtre, pas de discourir ou de donner une quelconque prouesse à voir. Un détour par la proximité de la démarche de Daidō Moriyama permet de préciser plus encore. L’errance, qui est la commune mesure des deux photographes sert à saisir l’acmé d’un scénario qui appartient tant à l’artiste qu’à son sujet et qui est la matière de la photographie. Comme si la photographie était une porte ouverte, un souffle libérateur. Tel un procédé chimique, l’image créée par la rencontre entre l’artiste et l’espace photographié tend ainsi à devenir une entité nouvelle, un espace à investir."

    Clare Mary Puyfoulhoux | Avril, 2016

    Expositions (depuis 2000)

    2019 : L’atelier Gulla Jonsdottir – Louis’ Dimension Los Angeles West Hollywood
    Louis’ Dimension Gallery, Artup Lille grand palais, France
    2018 : Fotofever - Carrousel du Louvre, Paris
    2017 : Paris Photo Grand Palais, Paris
    2016: Zoom, Flair Galerie, Arles, France
    Tourbillon, Studio Fotokino, Marseille, France
    2015 : Mille rêves, Leica Store, Paris, France
    2014 : Fotofever, solo show Dolores Marat, galerie Besson, Carrousel du Louvre, Paris
    Dolores Marat, Plus loin en Méditerranée, Cannes, musée de la Mer
    Traces, galerie Françoise Besson
    2013 : Sirocco, In camera gallery, Paris
    2011 : Sirocco, Galerie Aliceday, Brussels
    Spectacle, In camera Gallery, Paris.
    2010 : Siroco, Atelier de Visu, Marseille
    2008 : Solo show, festival 9PH Galerie Besson et Néon, France, Lyon
    2007 : MKgallerie, Rotterdam, Pays Bas
    Galerie Kamel Mennour, Paris, France
    2006 : To be art, Saint-Barthélemy
    2004 : Centre culturel français de Damas (Syrie)
    2003 : Centre Art moderne, Enghien Les Bains, France
    Open Eyes Gallery, Livepool (UK)
    2002 : Hermès, New-York, USA
    Galerie Damasquine, Bruxelles, Belgique
    Galerie Serge Anoukrat, Paris, France
    2001 : Galerie Contrejour, Marseille (F)
    Centre culturel de Cherbourg (F)
    Collectives exhibitions (selection since 2000)
    2018 : Galerie des franciscains, Saint Nazaire, France
    2017 :Musée botanique, Bruxelles
    2016 : ST ART, Strasbourg, galerie Françoise Besson
    Paris Photo, In Camera Gallery, Grand Palais, Paris
    Art Paris, Grand Palais, galerie Françoise Besson
    Photomed, galerie Barthélémy de Don, Sanary sur mer
    2015 : London ArtFair, Galerie in Camera, Londres
    Les rencontres de la photo d’Arles, Hôtel de Grille
    Temps zéro, Braga (Grèce)
    Art Paris art Fair, Grand Palais, galerie Françoise Besson
    2014 : Paris Champ & Hors Champ, Galerie des bibliothèques, Paris 4ème
    BORDeMER, collection photographique du Conservatoire du Littoral
    Ecole Nationale Supérieure d'Architecture Paris-Val de Seine
    Photo Docks Art Fair Lyon, Dolorès Marat & Gilles Verneret
    Devenir Arbre / Debout depuis 10 ans, galerie Françoise Besson
    Jane Evelyn Atwood et Dolorès Marat, Centre méditerranéen de la photographie et la ville d'Ajaccio.
    Open your eyes, cloître Saint Louis parcours de l’art en Avignon.
    La femme est un photographe comme un autre, festival des promenades photographiques, Vendôme
    2013 : Paris Photo Grand Palais, Paris
    2011Transition, in camera Gallery, Paris
    2010 : Scope Basel, Suisse, Galerie Françoise Besson
    Mediterranean photography, Bath House of the Winds, curated by Stavros Moresopoulos, Athènes
    2008 : Centre d’Art Contemporain de Pontmain, Pays de la Loire
    2006 : Château d’eau Toulouse (F)
    2004 : Paris Photo (F)
    2002 : Mois de la photographie, Pyngyao (Chine)
    Mois de la photo, Paris, Galerie Iris (F)
    2001 : Mai-Photographiques, Quimper (F)
    Sense of Space, Groningen (Pays-Bas)
    2000 : Watt’s Gallery, New York
    Photographers’ Gallery, Londres (UK)
    Mois de la photo Galerie Serge Abouckrat
    Galerie Thierry Marlat,
    Mémoire de l’Europe, Hôtel de ville,
    Paris Photo, Carrousel du Louvre (F) /
    Damasquine gallery, Bruxelles (Belgique)

    Collections

    Guggenheim Museum (NY),
    Musée de la photographie, Charleroi (Belgique),
    Galerie Frédéric Bazille, Montpellier (F),
    Fnac (F), Artothèque de Nantes (F),
    L’oeil Ecoute, Solignac (F),
    Coimbra (Portugal),
    MEP, Paris, NSM vie (F),
    Fond National pour l’Art Contemporain (F),
    Cabinet des Estampes, Bibliothèque Nationale de France, Paris (F),
    Artothèque de Lyon, et Particuliers.

    Editions

    2018 : « Mezzo Voce » éditions Fario
    2017 : « Palmyre et autres orients » éditions La Pionnière
    2016 : « Paris Correspondances » éditions La Pionnière
    2007 : « Insolite » portfolio éd Chez Higgins, coll. Témoignages Portfolio tiré à 30 exemplaires numérotés et signés par l’artiste, l’éditeur, et le préfacier, chroniqueur Vincent Applanat, comportant 15 photographies au format 13 x 19 cm chacune encartée dans une feuille cristal.
    « Metro » porfolio éd chez Higgins, coll.Espaces.
    2003 : « Illusion », Editions Filligranes, Préface de Marie Darrieussecq
    2002 : «New-York USA», Editions Marval Paris
    2001 : « Labyrinthe », Le point du jour éditeur et Dewi Lewis Publishing
    2000 : « Boulevard Maritime » , Carnet de voyage N°9, Le point du jour éditeur
    1995 : « Rives » - Ed. Française : Marval, English ed. : Dewi Lewis Publishing, German ed. : Braus
    1992 : « Passage » - In visu
    1990 : « Eclipse » éditions Contrejour

    Liens

  • Expositions